Tuyau

Défi / problématique (2016)

Le maraîchage génère de grandes quantités de déchets de tuyaux de goutte à goutte, qui ne sont pas ou peu recyclés. Face à ce constat, j’ai initié un projet de réemploi, visant à détourner une partie de ces plastiques de la filière déchets.

Mon approche

Je me suis appuyée sur les qualités intrinsèques de ces tuyaux, qui sont imperméables, légers, et souples mais très résistants. Mes premières recherches sur leur utilisation ont donné vie à un système de tissage original, qui permet de fabriquer un cabas esthétique, ultra-résistant, facile d’entretien, et qui s’adapte à tous types d’usages, y compris intensifs.

Déploiement

Face au succès des premiers prototypes, j’ai mené une étude de faisabilité technico-économique pour dimensionner sa fabrication, tout en maintenant volontairement le projet dans un outillage low-tech et un périmètre géographique rapproché des zones d’utilisation de ce type de tuyaux. Avec le soutien de l’Ademe, de contributeurs à une campagne de pré-vente (2020) et de confrères créatifs, j’ai développé des outils sur-mesure permettant d’optimiser les phase de récupération et préparation des tuyaux et mené des tests de fabrication avec des structures locales d’insertion.

Ces expérimentations ont mis en évidence qu’un modèle économique intégrant des emplois pérennes impliquait une production à fort volume et une mobilisation commerciale continue. J’ai alors fait le choix assumé de maintenir le projet dans un format capsule : les produits sont aujourd’hui fabriqués en très petites séries dans mon atelier provençal, à partir de tuyaux récupérés auprès d’agriculteurs bio locaux, et diffusés principalement par le bouche-à-oreille.

La collection s’enrichit au fil de mes découvertes d’autres déchets professionnels locaux non recyclés, tels que les chambres à air ou certaines bâches.

Mon regard

Démonstrateur de slow design, ce projet est scalable et duplicable. Il présente un modèle de revalorisation low-tech, au service de territoires agricoles résilients. Je maintiens volontairement l’unité de fabrication en format pilote, car mon expertise porte sur le développement de potentiel, non sur la croissance commerciale de concepts existants. À cette taille cette activité me procure un réel plaisir ; elle reste néanmoins ouverte à la possibilité de changer d’échelle.

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